Métiers

[Métier] Chloé, product manager : entre technologie et business

A 26 ans, Chloé Martinot est Product Manager pour une startup web. Elle revient sur son parcours et nous raconte ce métier d’avenir, exigeant et varié.Faire émerger des solutions.

Je suis chef de projet web, souvent appelé Product Manager. Ma mission, c’est de faire évoluer le site web en fonction des attentes des utilisateurs du site et des futurs clients, donc je spécifie pour des développeurs des fonctionnalités techniques pour développer le site. Mon but est de creuser les problèmes évoqués par les utilisateurs pour faire émerger des solutions adaptées.

Je travaille chez Manomano qui est une startup fondée en 2013. Aujourd’hui on est plus d’une centaine et on vend des outils de bricolage et de jardinage, on est un peu comme un Amazon du bricolage.

Ça fait 4 ans que je fais ce métier qui n’a pas plus d’une dizaine d’années. Je l’ai connu à ses débuts et c’est intéressant de voir comment ça se structure petit à petit. C’est un métier qui a vocation à énormément prendre parce qu’on va construire des produits de plus en plus techniquement élaborés tout en devant être de plus en plus simples pour les gens.

Un métier qui ne connait pas la routine

Ce métier fait le pont entre la technologie et le business. J’adore travailler avec des développeurs, qui ont une forme d’esprit différente des gens qu’on peut croiser en école de commerce.
J’aime aussi avoir un impact : ce que j’imagine prend vie sous mes yeux et je peux voir quasi immédiatement comment les clients utilisent ce que j’ai conçu.

Et puis, les projets sont toujours nouveaux. Même si on essaie de mettre des process en place on ne peut jamais les appliquer de la même façon. Du coup, il n’y a jamais de routine, les problématiques sont toujours différentes. D’autant que les projets, une fois construits, ont tendance à devenir tentaculaires donc un vrai casse-tête.

De plus en plus de femmes dans le métier

C’est un métier certes plutôt masculin, mais qui est aussi encore assez méconnu. Avec la nouvelle génération de startupeuses, beaucoup deviennent product manager en se lançant dans l’aventure entrepreneuriale donc il y a cette vague qui change la dessus mais ça reste une petite vague.
Personnellement, je ne me suis jamais confrontée à des développeurs ou des tech misogynes ou qui refusaient de m’écouter parce que je suis une fille. J’ai eu la chance de me former relativement tôt et d’avoir eu cette curiosité de savoir pourquoi les gens font ce qu’ils font et comment ils pourraient mieux les faire. A partir de là, je me suis mise à écouter beaucoup les développeurs.

Trouver l’équilibre entre écouter son marché et suivre son instinct

Il y a deux types d’approche vis à vis de son produit : il y a les product managers passionnés par leur produit et ceux qui ne le sont pas forcément.
Moi à la base, je ne suis même pas une bricoleuse. Ce qui est intéressant dans ces cas là c’est que cela rend nécessaire d’aller en permanence interroger son marché, de rester ouvert sur comment les choses sont faites et comment elles pourraient être améliorées. En contrepartie, on a moins d’instinct.

A l’inverse, il y a ceux que j’appelle les product “gourous” qui sont tellement passionnés par leur produit qu’ils n’écoutent pas autant le marché, ils conçoivent les produits d’abord pour eux-mêmes. Cette attitude a un avantage énorme sur des petites boites parce que tu avances à l’instinct ce qui te permet d’aller très vite. Par contre, dans le temps, pour faire un produit qui convient à une masse plus importante, il ne faut pas que le product gourou s’endorme sur ses lauriers.

Apprendre son métier au contact des autres

J’ai découvert le boulot de chef de produit par hasard puisque j’ai fait du produit sans le savoir et ensuite j’ai accepté un poste de chef de produit sans le savoir, donc c’était pas une super rencontre.

J’ai fait une école de commerce post-bac suivie d’un stage de fin d’études chez Darty à Madrid, en web marketing. De temps en temps, je devais écrire des tickets pour remonter des problèmes liés à notre CMS* et pour suggérer l’ajout de fonctionnalités, donc j’ai fait un peu de produit même si je ne savais pas que ça s’appelait comme ça.

En rentrant d’Espagne, j’ai accepté un poste de chef de produit web en pensant que c’était la même chose que chez Darty et que je serais responsable de produits physiques. Et puis en arrivant on m’a parlé de SCRUM** et je me suis dit “c’est quoi ce machin ?”. Donc j’ai lu beaucoup sur les méthodes agiles et j’ai été hyper cash avec les développeurs en leur expliquant que je ne m’attendais absolument pas à devoir faire ça en acceptant ce poste, que ça avait l’air top mais que je n’avais pas les connaissances pour. Je suis restée un an et demi dans cette entreprise. C’était une petite équipe de 5 personnes et je travaillais avec des développeurs qui n’étaient pas basés dans nos bureaux mais à Grenoble, donc on travaillait souvent par Skype. Ils m’ont énormément formée à des compétences assez poussées. Plus j’étais curieuse et plus ça leur donnait envie de m’en donner plus, ce qui m’a permis d’acquérir une expertise sur ces sujets.

En fin de compte, il y a relativement peu de choses apprises en école de commerce que j’utilise aujourd’hui. Ma formation a plutôt enrichi ma vision business que certains product manager n’ont pas puisque beaucoup sont des ingénieurs qui ont des compétences très techniques.

Savoir saisir les opportunités

Il n’y a que très peu d’écoles de product management. Je suis arrivée dans ce métier par des portes imaginaires, c’était un peu une jungle pour se faire un place.

Il y a parfois des opportunités qu’il faut apprendre à saisir même si de prime abord on ne voit pas forcément comment elles vont nous ouvrir des portes.

Moi, si je m’épanouis aujourd’hui dans ce métier qui est assez nouveau c’est en partie grâce à ma curiosité envers le métier des autres. Il s’agit de ne pas s’arrêter à un secteur, d’avoir un peu des antennes..
D’ailleurs, le propre des métiers transverses c’est qu’il faut être curieux de plein de choses.

Ne pas procrastiner sur sa vie professionnelle

On va passer à peu près 8h par jour au travail, on donne ce qu’on a de plus précieux, qui est notre temps.
Je réalise souvent qu’un jour tout peut s’arrêter. D’où l’importance de se demander chaque jour “Est ce que je suis content de ce que je fais et de moi, est ce que je suis à la meilleure place possible, celle qui me fait le plus plaisir, qui m’accomplit le plus, dans laquelle je suis la meilleure et la plus reconnue ?”. Et ça, c’est une question pas simple parce qu’on n’a pas toujours envie de se la poser. Pourtant c’est une question essentielle à se poser. Je vois des gens se révéler dans des postes insoupçonnés au départ ou s’éteindre quand ils changent de manager ou que quelque chose change dans leur situation.

Finalement, il faut éviter de procrastiner sur sa vie professionnelle. J’ai plein d’amis qui passent leur semaine à attendre le weekend, qui gagnent beaucoup d’argent et se satisfont de leur situation mais un peu pour les mauvaises raisons, et je trouve ça assez triste.

* Content Management System (CMS) : un logiciel qui permet de créer et modifier facilement du contenu sur le web)

** SCRUM : méthode agile utilisée dans la gestion de projet


En savoir plus

Chloé est une Bloomeuse ! Lire son portrait sur Bloomr

Profil Linkedin : Chloé Martinot


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