Articles

Partager son expérience professionnelle, un vrai métier !

Au fil de mon parcours professionnel, j’ai été amené à faire découvrir mon métier et à partager mes expériences avec différentes personnes. La dernière fois que je l’ai fait, c’était à l’Étape Design où je suis intervenu auprès d’étudiants webdesigners décrocheurs (j’en parle ici).

C’est l’occasion de fouiller un peu ce qui se cache derrière l’ambition de partager son expérience.

J’ai toujours pris plaisir à partager, aider, accompagner les gens autour de moi.  J’aime transmettre, que ce soit aux plus jeunes, comme des collégiens, lycéens, ou étudiants à qui j’ai pu donner un aperçu de ce que je faisais et que j’ai pu guider suivant leurs aspirations; que ce soit aux stagiaires, contrats pro ou designers juniors à qui j’ai pu transmettre les valeurs et les rouages du métier pour les aider à progresser et évoluer; ou que ce soit simplement à mes collègues, clients ou autres personnes à qui j’ai permis de monter en compétences en passant du temps auprès d’eux.

Retour aux sources : pourquoi partage-t’on ?

Dans ces moments de partage, je me suis posé la question : est-ce que ça ne ferait pas partie du métier lui-même de former les générations futures et d’apporter des connaissances à d’autres professionnels, qui gravitent, ou non, autour de nous ?

Je me suis plongé dans des faits, un peu comme un scientifique, qui, pragmatique, cherche des preuves. Attachons-nous au passé : comment l’être humain en est-il arrivé à ce degré d’innovation et d’invention, de l’apparition du feu jusqu’à l’envoi de robots capables de se poser sur une météorite en mouvement à une distance que notre cerveau n’arrive même pas à imaginer ? Par le partage !

Cette faculté est-elle innée chez l’être humain ? On peut trouver un début de réponse dans de récentes recherches scientifiques sur la façon dont fonctionne notre cerveau, en particulier pendant l’enfance : nous sommes programmés pour enseigner ce que nous savons. Notre apprentissage se fait naturellement par des guides, qu’ils soient plus jeunes ou plus vieux que nous. Ces guides nous montrent par le geste, et nous reproduisons jusqu’à comprendre et à réussir le même geste à notre tour, pendant que des connexions se créent dans notre cerveau : c’est l’apprentissage naturel qui existe en chacun de nous. Nous apprenons de cette façon à marcher, parler, écrire, apprendre et comprendre tout ce qui nous entoure depuis le plus jeune âge. D’ailleurs, nos premiers guides ne sont autre que notre famille : la fratrie, les parents et les proches. Ce n’est pas par hasard qu’à une époque, les métiers se transmettaient presque uniquement « de père en fils » ou de « de mère en fille ».

Cela signifie aussi que s’il apprend seul, sans personne pour lui enseigner, l’être humain apprendra plus lentement voire passera tout simplement à côté de l’apprentissage. Il partirait forcément de zéro, rendant presque impossible une quelconque évolution. C’est à ce moment-là qu’on comprend la puissance du cerveau humain !

S’il est naturel d’apprendre grâce à ces guides, est ce qu’il est aussi naturel d’être un guide soi-même ? La réponse est oui, un bon gros oui ! Et ça passe par des valeurs de plus en plus tendances : l’empathie et l’altruisme.
L’empathie, c’est se mettre à la place de l’autre, comprendre les émotions d’un autre. En comprenant l’autre, on s’intéresse à lui, on se met à son niveau, et on lui apprend s’il ne sait pas sans sauter les étapes.
L’altruisme, c’est aider les autres de manière désintéressée. Sans la limite que peut imposer le fait d’attendre une contre-partie, on s’entraide avec la plus grande patience.

Nous avons donc déjà plusieurs informations importantes : on sait qu’apprendre aux autres, transmettre et partager, c’est un phénomène naturel. On a ça en nous, et c’est grâce à ce processus que l’homme évolue, apprend, comprend, transmet à son tour jusqu’à former des civilisations où des bijoux architecturaux, des découvertes comme l’électricité, la navigation, la physique, la chimie, ou la communication ont vu le jour.

Concrètement, qu’est-ce que je partage ?

Qu’est-ce qui est intéressant dans ce que je peux raconter ?

Pour commencer, je partage les valeurs d’un métier, ce sur quoi il repose, ses fondations, son histoire, d’où il vient, quel était le besoin, le contexte qui a mené à sa création.

Je transmets une expérience : par quelle situation j’ai pu passer, depuis que j’ai appris l’existence de ce métier, comment j’ai évolué avec lui. Quelles ont été les difficultés que j’ai rencontrées, et comment j’ai les ai réglées.

Je transmets aussi un épanouissement : qu’est-ce que j’aime dans ce métier ? Pourquoi je me lève le matin ? Qu’est-ce que j’en tire ? Pourquoi je continue à travailler dans ce secteur ?
Par exemple, on m’a souvent demandé si ce métier est une passion. Je réponds non car faire un logo pour une marque n’est pas naturel. Mais je dessinais beaucoup, et je transmettais déjà des émotions à travers le dessin ou la peinture avant de faire ce métier. Faire passer des émotions à travers une identité visuelle et des supports de communication a donc été une suite logique. On reste dans le langage émotionnel…
On m’a aussi demandé : est-ce qu’on peut s’amuser dans mon métier. Bien sûr que je m’amuse ! Je suis le premier à glisser de l’humour et des interactions dans mon métier pour créer une expérience collective agréable.

Nous avons la responsabilité de transmettre une image positive et réaliste de notre profession et de ses différents aspects afin de montrer les différentes façons de l’exercer, comment il influence notre mode de vie, quel héritage nous léguons.

Les bienfaits de ce partage concernent autant la personne qui transmet que celle qui reçoit.
La nature est bien faite : transmettre et partage font plaisir à tout le monde !

Quels sont les bénéfices à transmettre ?

D’un point de vue personnel, partager me permet de capitaliser ma connaissance tout en me permettant de me sentir utile.

Ce partage me permet aussi de prendre du recul sur ma propre situation et de porter un autre regard sur mon quotidien.Je regarde mon parcours, mes erreurs, les victoires, les faiblesses que j’ai consolidées, je fais le point sur le chemin parcouru, prends conscience de certaines erreurs et peux les relativiser. À chaque fois que je suis intervenu, je me suis demandé : qu’est-ce que j’ai d’intéressant à dire ? Est-ce que je vais dire la même chose que la dernière fois ?

Je tire une certaine fierté du chemin que j’ai parcouru et en parler me permet de valoriser cette expérience.
Cela me pousse aussi à réfléchir à ma position vis-à-vis de mon métier : où est-ce que je me situe dans cet éco-système, quel est mon rôle ? Tous ces aspects incitent à une introspection qui aide à mieux se comprendre soi-même, à prendre le temps d’analyser ce qu’on fait et où on se dirige. Chacun à sa propre vision d’un métier, et c’est important de montrer aux nouvelles générations de professionnels qu’il existe une quantité illimitée de visions différentes.

Ces interventions permettent aussi de façonner l’avenir de son métier. Elles sont l’occasion de réfléchir à son évolution, comment il change au fil du temps. L’échange avec les jeunes est une opportunité de remettre en question son métier pour s’ouvrir au regard extérieur : comment ces jeunes qui arrivent le voient-ils ? Y a t’il des méthodes ou des valeurs obsolètes, qui ne sont plus en adéquation avec le contexte actuel ? Cette remise en question est aussi un risque car elle peut nous propulser hors de notre zone de confort, et nous forcer à réfléchir autrement.

Et ces jeunes alors ?

Pour les jeunes, discuter avec des pros leur permet de se situer dans cet éco-système et d’avoir une idée des métiers qui existent, des différentes façons de les faire, afin de comparer avec ce qu’ils font actuellement. Ils comprendront ce qu’on attendra d’eux quand ils seront dans le grand bain et ce qu’ils peuvent apporter, ils pourront mieux comprendre ce métier, ses rouages, ses pièges.
Ces discussions sont une source d’inspiration, primordiale pour construire à leur tour leur expérience. Tout ce qu’on leur apporte peut créer un déclic.

On les rassure par la vision concrète et réaliste du métier. À l’approche de la sortie de l’école ou formation, le stress monte : qu’est-ce qui nous attend dehors ? À quelle sauce je vais être mangé ? On a tous eu de l’appréhension au moment de se jeter dans l’inconnu. En faisant tremper les pieds dans l’eau du grand bain, en montrant comment chacun nage dedans, ils auront imprimé des solutions, des situations concrètes et seront plus confiants.
Ces échanges les aident à prendre conscience qu’ils ont une responsabilité : ils vont se projeter en tant que futurs professionnels. Ils seront responsable un jour de transmettre à leur tour. Ils seront aussi responsables de s’appuyer sur ces différentes expériences pour faire évoluer le métier à leur façon.
Se sentir soutenu par une communauté peut les motiver davantage et leur faire pousser des ailes.

Nous leur transmettons ni plus ni moins que les clés de leur réussite. Nous sommes des ambassadeurs, nous participons à révéler leur talent, leur créativité. Nous leur donnons confiance en l’avenir.
Nous partageons une histoire commune, et cet enrichissement nous apporte à tous. L’évolution de notre métier repose entre nos mains !

Et vous ? Qu’est-ce que vous leur diriez ?
Si vous souhaitez partager votre expérience, vous pouvez aussi le faire sur Bloomr.

0 comments on “Partager son expérience professionnelle, un vrai métier !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s