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PDMCP: la peur du choix

ll y a tellement de métiers intéressants et de choses à apprendre. Est ce que je fais le bon choix ? Et s'il existe une autre voie qui me correspondrait mieux?

Tu connais le FOMO? En anglais, FOMO veut dire “Fear of missing out”. En français, ça pourrait ressembler à PDPAC: peur de passer à côté.

Le FOMO, c’est la peur que quelque part, quelque chose d’encore plus excitant que ce tu es en train de vivre soit en train de se passer sans toi.

Ce phénomène est amplifié par notre usage intense des réseaux sociaux. Chaque lundi, quand tu te connectes à Facebook ou Instagram, et que tu es assailli de photos de toutes les choses extraordinaires que tes amis ont vécus pendant le weekend, ça te rappelle tout ce que tu aurais pu faire et que tu n’as pas fait. Et ton weekend BBQ en famille que tu avais pourtant adoré te semble un peu plus fade.

Le FOMO va de paire avec son petit cousin, le FOBO: “Fear of better options”. Ou PDMCP: peur d’un meilleur choix possible (décidément, les traductions d’acronymes marchent moins bien en français).

Le FOBO, c’est ne pas être capable d’acheter cette tarte aux pommes qui te tente tant dans la vitrine de la boulangerie par peur que l’éclair au café, ou le fondant au chocolat, ou la meringue soient encore meilleurs. Et quand, après t’être enfin décidé pour la tarte aux pommes, tu vois ce monsieur déguster le macaron pistache et tu te dis “aaah j’aurais dû prendre ça, je suis sûre que c’est encore mieux”, ça, c’est le FOMO qui fait son retour.

A force d’être exposé en permanence à cette infinie possibilité de choses que tu pourrais être en train de faire et que tu ne fais pas, comment ne pas te demander sans arrêt si tu fais le bon choix ? Barry Schwartz appelle ça “le paradoxe du choix”: plus on a d’options possibles, plus on a du mal à se décider. D’autant qu’on dispose de plus en plus d’infos et d’outils pour comparer l’étendue des possibles. Comparer les vols, les hôtels, les restos, les destinations. On nous rappelle sans cesse, qu’il y a peut être mieux ailleurs. Et ce dans tous les domaines: un meilleur pull, une meilleure maison, un meilleur partenaire…un meilleur job.

Peurs du choix et orientation professionnelle: “maximizers” vs “satisficers”

Eh oui, le FOBO fait des ravages chez ceux qui réfléchissent à leur avenir professionnel. Comme chez Julie, qui m’a récemment envoyé un mail après avoir fini le programme Bloomr pour me dire qu’elle savait enfin ce qu’elle voulait faire, qu’elle avait trouvé quelque chose qui la bottait vraiment. Et pourtant, sont plus grand doute restait “Est ce que je fais le bon choix ? ll y a tellement de métiers intéressants et de choses passionnantes à apprendre. Et si je passais à côté de quelque chose qui me correspondrait encore mieux ?”

Si toi aussi tu es assailli par ces doutes qui t’empêchent de te décider pour une voie et de passer à l’action, tu n’es pas le seul.

Pour expliquer ce besoin d’être absolument sûr de faire le meilleur choix, Herman Simon a inventé en 1956 les termes de “satisficer” et “maximizer”.

Les “satisficers” sont les personnes capables de se contenter d’une solution adéquate, c’est à dire qui remplit leurs critères de base, plutôt que de chercher la solution optimale. Par exemple, s’ils ont envie d’un dessert aux fruits, la tarte aux pommes fera l’affaire. Qu’importe si la tarte aux framboises est peut être encore meilleure.

Les “maximizers”, eux, ont besoin d’examiner toutes les options possibles pour pouvoir choisir la meilleure.

Des études menées par Swarthmore College ont montré que les “maximizers” sont généralement moins satisfaits de leurs décisions, qu’ils les remettent plus souvent en question. Ils ont par ailleurs plus tendance à se comparer aux autres, et sont même globalement moins heureux, moins optimistes et ont une estime de soi plus faible que les “satisficers”. Les “maximizers” sont donc bien plus sujets au FOMO et FOBO que les “satisficers”.

Un puits sans fond

Le problème, si tu es un “maximizer”, c’est que quoi que tu fasses, quel que soit le temps que tu passes à analyser toutes les décisions possibles, tu ne pourras jamais éliminer complètement ce doute de ne pas avoir choisi LA meilleure voie possible.

D’abord parce que c’est aujourd’hui impossible de connaitre et analyser toutes les options. Ensuite parce que, quand bien même il existerait un outil pour comparer de façon exhaustive l’intégralité des formations, métiers et options qui s’offrent à toi, cette comparaison ne peut se faire que sur des critères objectifs: la durée des études, le taux de réussite, le salaire moyen, les horaires de travail, le taux d’embauche à la sortie ou de chômage…

Mais cet outil ne pourrait jamais répondre à des questions comme: Est ce que je vais avoir des résultats suffisamment bons pour pouvoir décrocher mon diplôme ou réussir mon concours? Est ce que je vais réussir à m’adapter à l’environnement? A supporter la pression?

C’est là que réside la plus grande part d’imprévisible et de risques. Or, tu ne peux pas prévoir dans quelle option tu te sentirais le mieux tant que tu n’as pas expérimenté chacune d’entre elles. Et il est bien entendu impossible de suivre toutes les formations et tester tous les métiers du monde avant de se décider.

Bref, c’est un puits sans fond.

Not to decide is to decide

“Not to decide is to decide.” ― Harvey Cox

Le problème si on n’arrive pas à surmonter cette peur de ne pas faire le meilleur choix possible, c’est qu’on risque de se retrouver paralysé. Enlisé dans la collecte d’infos et l’analyse des options, on perd de vue l’essentiel: ce qui compte vraiment pour nous, nos valeurs, nos envies.

Plutôt que de risquer de prendre la mauvaise décision, on préfère ne rien décider du tout.

Ou alors on s’engage dans la voie la plus généraliste possible pour laisser un maximum d’options ouvertes, ce qui, en réalité, ne fait que reporter le temps du choix à plus tard.

Et quand on arrive enfin à prendre une décision, on a plus de mal à tirer le meilleur de ce qu’on a choisi. On a tendance à remettre son choix en question, à se projeter dans ce qui aurait pu être plutôt qu’à profiter de l’instant présent, et à regarder chez les autres ce qu’ils ont fait en se disant qu’ils ont sûrement beaucoup mieux choisi que nous.

Ne bloque pas sur la décision parfaite

“Dans les moments décisifs, la meilleure chose que tu peux faire, c’est de prendre la bonne décision; en second lieu, c’est de prendre la mauvaise décision et la pire chose, c’est de ne rien faire” – Theodore Roosevelt

Si toi aussi tu es victime du couple terrible FOMO/FOBO, et ça t’empêche de faire des choix pour ton avenir professionnel, comment lutter contre ces peurs?

Dis-toi d’abord qu’il n’y a pas une seule bonne décision possible. Chaque option présente ses avantages et ses inconvénients, ses risques et ses bénéfices. Tu peux très bien être tout aussi épanoui dans le design graphique, qui fait appel à ta créativité et ton sens artistique, que dans l’enseignement, où tu peux mettre en oeuvre tes talents de pédagogue et ton sens du relationnel.

Du coup, ne bloque pas sur l’idée de prendre la décision parfaite. Tu connais le dicton: “le mieux est l’ennemi du bien”. Cherche plutôt à prendre chaque décision de façon à ne pas la regretter:

1. Limite tes options possibles

Essaie de limiter les options possibles et les critères de comparaison en t’imposant des règles. Ne pars pas en quête du mouton à cinq pattes qui comblerait TOUS tes désirs. Demande-toi plutôt quels sont tes critères essentiels.

2. Collecte les données nécessaires à ta prise de décision

Vérifie que les options que tu envisages correspondent bien à ce que tu attends d’un métier ou d’une formation. Compare ces options de manière objective, en pesant les pours et les contres.

3. Lance toi

A un moment donné, décide que tu as toutes les infos nécessaires et lance-toi, en faisant confiance à ton instinct. Accepte de ne pas pouvoir tout savoir, tout connaitre, tout tester et tout avoir.

Fais confiance en l’avenir

Evite de repousser la décision indéfiniment, c’est la meilleure façon de se retrouver au pied du mur. Contente toi d’une solution qui semble adéquate, et fais confiance à l’avenir: crois en ta capacité à te mener où tu as besoin d’aller, à tirer partie de chaque situation, à rebondir si tu fais fausse route et à saisir les opportunités qui s’offriront à toi.

Des choix, tu devras en faire tout au long de ta vie professionnelle, chacun comportant une part d’imprévisible. Tu ne pourras en connaitre toutes les conséquences que bien plus tard. Il est donc inutile de chercher à anticiper toutes les retombées éventuelles.

Dis-toi juste que choisir une porte ne veut pas forcément dire fermer toutes les autres, mais simplement de ne pas les ouvrir tout de suite. Tu y reviendras peut être un jour. Ou peut être que d’autres portes apparaitront devant toi, encore plus intéressantes. Donne-toi une chance de te laisser surprendre par cette aventure en restant souple, curieux et ouvert aux opportunités et aux rencontres.


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6 comments on “PDMCP: la peur du choix

  1. c est superrrrrrrrrrrrrr

  2. Mais alors vraiment, merci beaucoup pour cet article autant inspirant qu’utile !!!

  3. LEMAITRE

    Article vraiment intéressant. A lire et à relire.

  4. Cet article me donne confiance ! Merci ! Ca va m aide un peu !

  5. Merci pour cet article instructif !

  6. Prendre une décision c’est toujours mieux que de ne rien décider du tout. Le seul risque que l’on prends c’est de se tromper. Et on apprends toujours de ses erreurs.

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