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Passion et travail: ne soyons pas si romantique

Trouve ta passion, fais-en ton métier et les portes du bonheur s’ouvriront en grand pour toi. C’est le conte de fée que l’on peut lire un peu partout. Est-il pertinent d’écouter ce conseil de suivre ta passion?

Trouve ta passion, fais-en ton métier et les portes du bonheur s’ouvriront en grand pour toi.

C’est le conte de fée que l’on peut lire un peu partout.

Souvent accompagné de la fameuse citation de Confucius: « Choisis un travail que tu aimes, et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie ».

Et si l’on y réfléchit une minute, ça a du sens. Aimer ce que l’on fait est un moteur puissant. C’est le carburant qui nous donne l’énergie pour continuer à avancer, à apprendre, qui nous pousse à donner le meilleur de nous-mêmes sans compter les heures.

La plupart de ceux qui ont une vie professionnelle réussie diront que la clé de leur succès est la passion qui les anime. Mais la passion était-elle là dès le début ou est-elle arrivée plus tard, avec le succès?

Est-il pertinent d’écouter ce conseil de suivre ta passion?

On envisage souvent une passion comme l’activité pour laquelle nous “serions faits”. Celle qui s’imposera à nous comme une évidence dès qu’on l’aura découverte et que l’on aimera par dessus tout. Passionné de médecine, d’animaux, de poterie…

Il serait peut-être bon d’adopter une vision plus pragmatique et réaliste.

La passion ne tombe pas du ciel

Personnellement, j’ai plein d’activités que j’aime beaucoup. Certaines que je fais régulièrement, d’autres plus occasionnelles. Le tout en plus de mon travail. Mes passe-temps se complètent, chacun m’apporte quelque chose de différent. Certains me permettent de garder la forme, d’autres de faire appel à mon imagination et d’autres encore de faire des découvertes. J’y consacre plus ou moins de temps, selon mon envie.

Ces activités me plaisent toutes, mais je ne les définis pas comme des passions. Certains diront que c’est parce que je n’ai pas trouvé celle qui prendra le dessus sur toutes les autres, celle qui me correspond vraiment. Je ne crois pas à cette idée qu’il existe une seule chose pour laquelle on est fait. Qu’un beau jour, on tombera dessus comme par magie, et que l’on saura immédiatement que c’était ça qu’on cherchait.

Au contraire, je crois qu’il y a plein d’activités qui peuvent devenir des passions. Je suis persuadée que je pourrais choisir n’importe lequel de mes passe-temps pour en faire une passion unique, si je voulais m’y consacrer entièrement pour y exceller. Mais est ce que ce serait sain de faire d’une seule activité le centre de ma vie?

La passion obsessionnelle génère des émotions négatives

Le Professeur Robert J Vallerand, expert international des procédés de motivation, a étudié les effets de la passion sur le bien-être. Dans The role of passion in sustainable psychological well-being, Vallerand définit la passion comme une inclination forte pour une activité qui nous définit, que l’on aime, que l’on trouve importante et que l’on pratique de façon régulière, et qui en vient à nous définir et à devenir une part inhérente de notre identité. Mais toutes les passions ne se valent pas. Selon sa théorie, le Modèle Dualiste de la Passion, il existe deux types de passions : les harmonieuses et les obsessionnelles. La différence entre les deux passions réside dans la façon dont elles sont intériorisées dans notre identité.

Dans le cas de la passion obsessionnelle, l’individu est incapable de contrôler son désir de s’adonner à l’activité. Celle-ci finit par prendre le dessus. Cette dépendance entraîne une rigidité et des émotions négatives comme la frustration, le stress ou la culpabilité. Elle est aussi en conflit avec les autres activités de la vie quotidienne.

Dans le cas de la passion harmonieuse, en revanche, l’individu peut contrôler le temps qu’il y consacre, il s’y adonne librement. Ce type de passion génère donc des émotions positives. Si quelque chose empêche de s’y consacrer, l’individu peut s’adapter facilement en se recentrant sur une autre activité.

Vallerand admet que la passion est la force qui nous motive et nous pousse à consacrer du temps à une activité de façon régulière. Cependant, seules les passions harmonieuses ont un impact positif sur notre bien-être.

Le problème, c’est que cette nuance est rarement évoquée dans le conseil classique de “suivre sa passion”. On nous sert souvent une vision simpliste et romantique de la passion qui se rapporte plus à une passion obsessionnelle.

A la place, il vaudrait peut être mieux tendre vers quelque chose qu’on aime et qu’on trouve important, afin de booster notre motivation et notre concentration, mais tout en veillant à garder l’équilibre et le contrôle.

Ne pas confondre métier et hobby

La notion de passion est souvent associée à une activité ou à un hobby comme la cuisine, le coaching, l’écriture…

La quête de la passion professionnelle semble alors aussi vaine que la quête de l’âme soeur parmi sept milliards d’individus. Comment tester toutes les activités pour trouver la bonne ? D’autant que beaucoup de métiers ne se réduisent pas à une seule activité.

Et si, par chance, on parvient à trouver son activité de prédilection, pourquoi vouloir absolument en tirer un revenu? Si nos passe-temps nous plaisent, c’est pour ce qu’ils sont: des passe-temps. Des activités que l’on pratique pour se divertir, se relaxer. Pour le plaisir. Ajoutons-y la pression de devoir en tirer un revenu suffisant pour payer les factures, on commencera surement à le vivre bien différemment.

Aujourd’hui, grâce aux multitudes d’outils comme Etsy ou les plateformes de freelance , on peut facilement commercialiser ses créations ou ses talents. Mais ceux qui s’y sont essayé savent que parvenir à en tirer un revenu décent demande beaucoup d’effort…et de compétences !

Indispensable savoir-faire

La passion par la maîtrise est au cœur du livre de Cal Newport, So good they can’t ignore you et d’une série d’excellents articles sur son blog. Cal rejette l’idée d’une passion innée et met en garde contre cette obsession de la passion à tout prix. Il croit plutôt que la passion naît de la maîtrise et qu’elle se cultive plutôt qu’elle ne se trouve. La clé du succès, selon lui, réside dans le développement de compétences rares et valorisées pour devenir un artisan. Le temps et la pratique nous permettent d’atteindre un niveau de maîtrise tel, que nous pouvons avoir un réel impact, être reconnu et respecté et gagner en autonomie. La passion suivra naturellement.

Je pense effectivement que pour vraiment apprécier son travail, il faut pouvoir le faire bien. Et je crois que l’on peut tous devenir bons voire excellents dans quasiment n’importe quel domaine si l’on s’en donne les moyens. Cependant, je ne pense pas que l’on puisse se passionner pour n’importe quoi. Un minimum d’intérêt est nécessaire dès le départ. C’est le moteur qui permet d’avancer sur le chemin long et fastidieux de la maitrise, qui garantit que l’on y prenne du plaisir.

Conclusion

Et si on oubliait un moment cette vision romantique de la passion ? Et si on abandonnait ce besoin de trouver la passion qui va transformer notre vie professionnelle, et adoptait à la place une vision plus large ?

Plutôt que de se focaliser sur une activité à découvrir, on pourrait penser passions au pluriel, et chercher à identifier toutes les choses qui nous donnent de l’énergie. Qu’est ce qui nous anime et nous donne envie de donner le meilleur de nous-mêmes? Est-ce que c’est bouger, créer, apprendre, soigner, être en contact avec les autres, enseigner ?

Le défi ne serait plus de transformer une passion en métier, mais de trouver un travail qui intègre nos gouts et nous intéresse. L’équation passe de une passion = un métier à des passions = des métiers. Et ça semble d’un coup plus facile à atteindre.

Une fois que nous aurons trouvé un métier qui nous intéresse, cet intérêt pourra grandir avec le temps et la maitrise.


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